Vaccin covid 19 - Timide démarrage de la campagne à Strasbourg

Vaccin covid 19 : Timide démarrage de la campagne de vaccination contre la Covid-19 à Strasbourg

Huit patients et un médecin ont été vaccinés lundi à la clinique de la Toussaint. La polémique enfle sur la stratégie vaccinale des autorités sanitaires, qui promettent 80 000 vaccinations fin janvier dans le Grand Est.

C’est parti pour la vaccination contre la Covid-19 à Strasbourg : huit personnes et un masseur kinésithérapeute ont été vaccinés lundi à la clinique de la Toussaint à Strasbourg, dans le service de gériatrie.

« Vous êtes toujours d’accord pour être vacciné ?

– Plus que jamais ! « 

Masseur-kinésithérapeuthe, il n’a pas hésité à être le premier soignant alsacien vacciné contre la covid-19 lundi malgré sa crainte des piqures (Photos Adbesslam Mirdass / Hans Lucas)

Un petit coup de désinfectant sur une compresse et le docteur Valérie Kurtz procède à l’injection qui dure quelques secondes. Gabriel Egri, masseur kinésithérapeute de 68 ans, est le premier professionnel de santé alsacien à se prêter à la vaccination :

« C’est le seul moyen simple, efficace et peu coûteux de me protéger et de protéger les autres. En tant que soignant je dois pouvoir être en bonne santé et pouvoir m’occuper de mes patients. »

Le soignant qui exerce à la Toussaint depuis trois ans confesse en souriant avoir peur des piqures mais il n’a pas hésité. Il a été touché de près par la Covid : son frère, cardiologue de 67 ans, en est décédé en mai dernier après cinq semaines en réanimation. Cette tragédie a renforcé sa détermination. 

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Selon le Dr Kurtz, les premiers retours des patients sont très enthousiastes.

(Photo Abdesslam Mirdass / Hans Lucas)« Patients plutôt enthousiastes »

Selon le Dr Valérie Kurtz, responsable du service, parmi les patients éligibles, trois refus seulement ont été exprimés. Selon l’Agence régionale de santé, les taux de consentement parmi les résidents oscillent entre 75 et 85% selon les établissements, loin devant les sondages sur la population générale, qui font état d’une personne consentante sur deux.

Les consentements ont été recueillis après un protocole précis : plus de 65 ans (ou plus de 50 ans pour les soignants), exclusion de facteurs allergiques graves, ne pas avoir contracté la Covid dans les mois précédents, pas de vaccin contre la grippe les trois dernières semaines. 

Le Dr Valérie Kurtz attendait ce moment avec impatience :

« Dans l’ensemble les patients sont plutôt enthousiastes, ils ont compris l’enjeu sur le plan sanitaire, économique aussi et puis ils veulent un retour à la vie normale. Il faut que la population se fasse vacciner, nous sommes loin d’avoir atteint l’immunité collective. »

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Les médias ont été invités à documenter les débuts de la campagne mais… à distance quand même (Photo Abdesslam Mirdass / Hans Lucas)

Les médias ont été conviés par l’Agence régionale de santé (ARS) pour suivre le lancement de cette campagne de vaccination qui soulève de nombreuses questions. Cependant, dans une manœuvre déroutante dont elle a le secret depuis le début de l’épidémie, l’ARS a refusé que les journalistes posent des questions aux patients… L’agence promet cependant que le nombre de personnes vaccinées sera publié et mis à jour quotidiennement.

La clinique située près de la place des Halles appartient au groupe hospitalier Saint-Vincent (GHSV), un groupe de santé privé qui compte plus de 540 lits d’hospitalisation en Alsace, avec notamment les cliniques Sainte-Anne et Sainte-Barbe.

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Un flacon permet de vacciner cinq personnes, mais une fois décongelé il doit être terminé rapidement (Photo Abdesslam Mirdass / Hans Lucas)247 personnes vaccinées, nouvelle polémique

Le GHSV a été en première ligne aux côtés des hôpitaux publics lors de la crise sanitaire, avec la mise en place d’unités dans divers établissements pour des patients Covid+. La clinique de la Toussaint fait partie de 5 sites pilotes désignées par l’ARS pour un territoire qui couvre le Bas-rhin et l’Est de la Moselle.

Cette campagne débute sur fond de polémique nationale sur la stratégie des autorités sanitaires : la France est très en retard par rapport aux autres pays européens  (un peu plus de 500 personnes avaient été vaccinées en France au 1er janvier contre près de 317 000 en Allemagne le 5 janvier).

Au soir du 5 janvier, l’ARS indique que 247 personnes ont été vaccinées dans les 10 départements du Grand Est (dont 163 soignants) mais la directrice de l’ARS n’a pas été en mesure de préciser ce chiffre pour chacun des 10 départements de la région.

Président de la Région Grand Est, Jean Rottner (LR) a parlé de « scandale d’État » sur France 2 regrettant « une forme d’impréparation et d’irresponsabilité » de l’État déjà constatées lors des masques et des tests :

« C’est le virus qui fait la stratégie, ce n’est pas les sondages d’opinion. Aujourd’hui, le vaccin est un médicament. Ceux qui veulent se faire vacciner doivent pouvoir se faire vacciner. »

Comme d’autres, il réclame une stratégie qui s’appuie sur les autorités locales. Mardi soir, la directrice de l’Agence régionale de santé du Grand Est, n’a pas répondu à cette demande, arguant que les 35 Ehpad choisis sur les 650 que compte la grande région ne représentent qu’une phase de test pour éprouver la logistique de cette campagne de vaccination.

L’ARS a comme objectif la distribution de 80 000 doses en un mois (Photo Abdesslam Mirdass / Hans Lucas)

L’ARS Grand Est s’est fixé comme objectif de distribuer 80 000 doses du vaccin Pfizer / BioNTech pendant le mois de janvier. Ce vaccin nécessite le déploiement d’une chaîne logistique contraignante, puisqu’il se conserve à –80°C.

Deux flux de distribution ont été mis en place : le premier est en circuit fermé, des centres hospitaliers vers les établissements de soins ; le second alimente des points de vaccination accessibles aux personnes individuelles. Une dizaine de ces centres de vaccination doivent ouvrir dès le 11 janvier dans le Bas-Rhin, deux à Strasbourg (Nouvel hôpital civil et une clinique du GHSV), un à Saverne, Haguenau, Sélestat et, sous réserve, à Obernai et Wissembourg.

Deuxième injection à prévoir trois semaines plus tard

La deuxième injection nécessaire pour le vaccin Pfizer / BioNTech doit avoir lieu 3 semaines après la première. Les patients hospitalisés pour de plus courtes périodes seront recontactés ou vaccinés dans leur Ehpad. Ce vaccin est pour l’instant le seul autorisé par l’agence européenne des médicaments, quatre autres vaccins sont en phase finale d’approbation.

À propos de la stratégie vaccinale des autorités, le directeur du GHSV, Frédéric Leyret se réjouit que les soignants de plus de 50 ans fassent finalement partie de la première vague des vaccinés :

« Avec cette épidémie depuis le début nous sommes sur une ligne de crête entre l’efficacité, la prudence et la gestion logistique. Cette ligne est difficile à maintenir et il est vrai qu’il a pu y avoir beaucoup d’injonctions paradoxales. 

Dans les semaines de janvier, tous les patients éligibles et consentants qui seront accueillis dans ce service de la clinique Toussaint seront vaccinés. Les médecins de ville doivent également recevoir leur première injection. 

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